Les Journées de Thermidor, Fin Juillet 1794

Beaucoup de Citoyens l’ont cru vertueux

06-VENTOSE

La Convention est une fois de plus métamorphosée. D’abord, tous ceux qui n’ont pas participé à la curée sont obligés de surenchérir sur le thème du nouveau tyran, du nouveau Cromwell, du triumvirat et autres invectives pour ne pas paraître partisan du “dictateur”. Presque toute la Convention entonne les mêmes couplets. Robespierre, ses amis et sa supposée politique de sang, deviennent des repoussoirs plus forts encore que l’aristocratie, la Cour et les Bourbons.
Ensuite, les hommes puissants, qui étaient écoutés avec respect et dont les motions étaient votées sans réserve, sont maintenant interrompus, contredits, ou même méprisés. Le changement est brutal. La tête de Robespierre n’est pas tombée, que déjà, ses collègues des Comités en sont à se justifier. Dès le 10 Thermidor, le 28 juillet 1794, Billaud-Varenne combat en vain la suspension du Tribunal Révolutionnaire.Puis le même jour, à un député curieux de savoir pourquoi le Comité de Salut Public n’a pas remplacé Hérault de Séchelles six mois plus tôt, Billaud-Varenne ne fournit qu’une explication interprétable comme une insulte : “Nous n’avons pas voulu augmenter le nombre des conspirateurs qui étaient déjà dans le Comité.” La Convention est scandalisée et Billaud-Varenne est rappelé à l’ordre.
Enfin, l’atmosphère passe aux règlements de compte nauséabonds. Les bassesses salissent la tribune. André Dumont se couvre d’infâmie en calomniant honteusement Augustin Robespierre au moment même où celui-ci est guillotiné, à mille mètres de là. Carrier attaque le fils du député Jullien de la Drôme, agent de Robespierre, qui a causé son rappel humiliant.Le député évite à son fils une dangereuse arrestation, en prenant garde à ne pas passer pour un “satellite du tyran”. Jagot, David et Lavicomterie, suspects de lâcheté ou de “robespierrisme“, sont exclus du Comité de Sûreté Générale. Le fameux David est pitoyable : “J’ai été trompé. Beaucoup de citoyens l’ont cru vertueux ainsi que moi”. Son attitude ressemble curieusement à celle de Legendre après la chute de Danton. Fréron obtient l’arrestation de l’Accusateur Public, Fouquier-Tinville. Fouquier-Tinville a pourtant obéi jusqu’à la dernière minute au Comité de Salut Public. Mais, face aux conjurés, le Comité ne peut pas le défendre.

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