Girondins Discrédités, Janvier - Mai 1793

Les Grands Enfants de la Révolution

12-FRUCTIDOR

La révolte en Vendée prend des proportions alarmantes et, le 3 avril, la nouvelle de la trahison de Dumouriez parvient à la Convention. Au Nord, le général en chef a livré aux Autrichiens le Ministre de la Guerre et les quatre députés venus lui intimer l’ordre de se présenter à la barre. Il a tenté en vain de soulever son armée pour placer le fils du Duc d’Orléans sur le trône. Puis Dumouriez est passé aux Autrichiens avec tout son état-major, deux régiments et des informations militaires de première main. Les Nobles Vendéens qui prennent la révolte à leur compte proposent une assistance réciproque à l’Angleterre. Toutes les grandes puissances sont désormais coalisées.Elles se promettent le partage de la France, devenue moins redoutable depuis la trahison.

Dans ce climat angoissant, au moment où les membres de la Convention sentent que désormais le rêve est brisé, que l’union est indispensable, que leur vie peut être en danger, les Girondins ne parviennent à se rassembler eux-mêmes que sur des motions négatives et incendiaires. Fait significatif, aucune proposition concrète de défense nationale n’émane de leurs bancs. Dans ce domaine, leur discrétion est remarquable.

Malgré la gravité de la situation, calmement, les Montagnards cherchent des mesures efficaces de salut public.Quand Marat attaque, en reprenant les mots de Dumouriez, “la partie saine” comme complice, il est isolé. Le Comité impotent du 26 mars est remplacé par un Comité d’éxécution de neuf membres. Huit députés sont envoyés à l’Armée du Nord pour limiter les dégâts. Le député Egalité, le père du Duc de Chartres qui vient de trahir, et son ami Sillery, sont gardés à vue.Un camp de 40 000 hommes pour protéger Paris est décrèté, les suspects surveillés, le pain taxé.
Devant l’avalanche, les Girondins, muets, presque passifs, non par désaccord mais par irrésolution, laissent, à l’exception d’Isnard, les Montagnards occuper le terrain. Le lendemain, quand Buzot et Birotteau tentent de s’opposer au projet de Comité éxécutif, Barère les ridiculise :“Les grands enfants de la révolution criaient sans cesse à la dictature …” Grands enfants contre hommes vigoureux, la lutte est inégale. Cependant, la masse de la Convention entend avec inquiétude la proclamation de Marat : “C’est par le despotisme de la liberté qu’il faut écraser le despotisme des rois.” Le Comité de Salut Public de neuf membres, élu le lendemain, se compose de personnalités centristes et de Montagnards modérés. Résultat de leurs errements, il ne comprend pas un seul Girondin.

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