Avant-Propos

09-PRAIRIAL

Troisième assemblée de la Révolution Française, la Convention Nationale siège du 21 Septembre 1792 au 26 Octobre 1795. La Convention s’inspire de principes novateurs, si bien résumés dans la devise Liberté, Egalité, Fraternité. Et elle tente de les appliquer. Ses élans précurseurs sont tels que, demain encore peut-être, certaines idées débattues à la Convention prendront force de loi.
Pourtant, depuis l’origine, la Convention et les Conventionnels suscitent des jugements contradictoires. Les contemporains sont (très) divisés et au fil des décennies, l’écho de ces divisions retentit encore. L’action controversée de la Convention reste un vigoureux sujet polémique.
La Convention est perçue avant tout comme violente. Pour notre époque au parlementarisme douillet, cette violence dérange et demeure difficile à appréhender. Le sang répandu laisse dans l’imaginaire une trace que les lois les plus bienfaitrices ne parviennent pas à effacer.
Son extraordinaire complexité politique en fait par ailleurs un perpétuel sujet d’étude historique. Malgré l’attention soutenue des historiens, de multibles recherches et investigations approfondies, la Convention recèle encore des mystères. Comment s’étonner alors que le grand public réduise la Convention à quelques noms, en une simplification souvent proche de la caricature.
En réalité, la Convention a de multiples visages et opère de nombreuses métamorphoses. La Convention change souvent d’opinion, se renie, se contredit, admirant puis éxécrant les mêmes hommes, adorant puis brûlant les mêmes idées. Cette instabilité reste énigmatique et suscite nombre de questions. Comment expliquer que les rapports de force en son sein évoluent constamment? Pourquoi et comment les Conventionnels se condamnent-ils mutuellement? Comment vivent-ils les évènements enthousiasmants et/ou terrifiants de la session? Comment peuvent-ils cependant cohabiter et coopérer ?
Ensuite, les premiers républicains laissent, après bien des convulsions, la place à un soldat. Comment la Première République Une et Indivisible, si puissante, peut-elle si vite s’effondrer?
Pour expliquer la mise en oeuvre par une même assemblée d’orientations politiques contradictoires, pour reconstituer la logique de comportements apparamment aberrants, il faut prendre part au débat.
Tel un député fraîchement arrivé de son département, prenez place et découvrez, dans une salle sombre et austère, au coeur de Paris, autour de vous, ces quelques centaines d’hommes, les Représentants du Peuple Français, chichement vêtus, installés sur des bancs de bois, qui entreprennent, dans un environnement difficilement imaginable aujourd’hui, l’utopie de changer le monde.

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