Le Blog des Fondateurs

POT POURRI DE RENTREE


05-PLUVIOSE

Parmi les soucis du moment, on a l’embarras du choix. Survolons quelques actualités. A tout seigneur tout honneur : l’Eglise et le pape. Le vice-dieu ne sait pas où donner de la tête : au Chili, en Pennsylvanie, en Irlande, chaque jour apporte son lot d’écoeurement. Partout où le scandale éclate, la pédophile apparaît comme une pratique courante, presque une tradition. Vu l’ampleur, on suppose le scandale étouffé ailleurs par l’omerta ambiante. Sans aborder d’autres turpitudes comme la mise en esclavage des filles-mères, l’enlèvement de nouveau-nés, le soutien aux dictatures, l’homophobie, le pape doit aussi s’occuper du mouvement d’apostasies collectives en Argentine, là où l’avortement reste interdit grâce à l’Eglise … et au Sénat. Pape: un boulot tuant.
Autre sujet, les libérateurs et révolutionnaires décevants. Au Vénézuela, la sympathique aventure chaviste tourne au chaos. Maduro tangue et son pays avec. Au Zimbabwe déjà, Robert Mugabe, héros de l’indépendance, n’avait lâché un pouvoir devenu dictatorial que contraint, par l’âge surtout. Au Nicaragua, Daniel Ortega, chef révolutionnaire sandiniste qui a chassé l’atroce dictature de Somoza, roule désormais pour lui seul (et sa femme). Trop d’hommes qui ont vécu la tragédie des opprimés, passent de l’autre côté du miroir, traîtres à leur cause. Inquiétant.
Revenons en France. L’affaire Benalla a rempli le vide estival des medias jusqu’à saturation. Les oppositions stériles se sont gargarisé d’une prétendue affaire d’Etat. Elles se sont coalisées pour une motion de censure-défouloir, absurde et ridicule. En réalité, si les cafouillages gouvernementaux et l’erreur de casting originelle ne font pas débat, une seule chose émerge après l’effervescence : la réforme constitutionnelle est reportée sine die. Et cela, on le doit au Sénat, toujours habile pour préserver ses intérêts corporatistes, et à Benalla, à son insu.
Enfin, toujours en France, on cherche un ministre de l’Ecologie fiable et crédible : objet introuvable. Ainsi, Nicolas Hulot a du abandonner la fiabilité du faire-valoir docile. Il ne veut plus se mentir et espère un électrochoc, redevenant crédible. Selon lui, la politique suivie « n’est pas à la hauteur des enjeux ». C’est le fond du problème. Une croissance infinie dans un monde fini est impossible. Chacun le comprend (sauf Donald Trump). Si le productivisme n’est pas condamné, l’humanité le sera. Plastique, pesticides, déforestation, nucléaire, énergies fossiles, effet de serre, tout annonce donc des catastrophes inédites et, par suite, des révisions déchirantes du mode de production. Plus on tarde, plus ces révisions seront douloureuses.

Le point de vue de la Convention Nationale ? Sur l’Eglise, sa réponse avérée reste d’actualité : séparation des Eglises et de l’Etat, surveillance des prêches, incitation au mariage des prêtres.
Sur les traîtres à la cause (et à la patrie), le principe de la peine de mort était l’usage. Hélas, il faut reconnaître que, d’une part, les traîtres patentés comme les généraux en chefs La Fayette, Dumouriez et Pichegru sont passés au travers des mailles du filet et que, d’autre part, d’autres personnalités, subjectivement considérées comme traîtres, à tort ou à raison donc, ont payé à leur place. Exemple à manier prudemment…
Sur la réforme constitutionnelle : parmi d’autres particularités, la Convention a produit et adopté successivement deux constitutions. La première, dite de l’An I ou Montagnarde, ne prévoyait qu’une assemblée, plus propre à l’action. La Convention elle-même était une assemblée unique aux pouvoirs illimités. La deuxième constitution, dite de l’An III, voulue par l’alliance modérée, prévoyait une deuxième assemblée aux pouvoirs équivalents à la première. Napoléon en a fait le Sénat, avec l’adjectif bien choisi de « Conservateur ». (Voir mon blog Le Sénat…). Pas de changement depuis la création de ce boulet politique.
Sur la crise climatique enfin, la Convention n’en serait pas restée aux mesurettes, aux dérogations, aux interdictions avec sursis, aux louvoiements, aux courbettes devant les lobbys. Bien que confrontée à des défis et des dangers immenses, on lui a assez reproché son énergie révolutionnaire ! Un Conventionnel célèbre (Voir mon blog Panache) déclarait encore en 1813 devant un parterre d’officiers chamarrés en parlant de la France menacée : « Alors on verra si on la sauvera par des moyens anodins.» Pensait-il à la planète ? Non bien sûr, mais l’idée reste d’actualité: les « moyens anodins » ne sont « pas à la hauteur des enjeux. »

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