Le Blog des Fondateurs

MACRON et l’impuissance gouvernementale


06-VENTOSE

Sans verser dans la critique systématique de François Hollande, il n’est pas interdit de constater que le gouvernement actuel est pris dans une spirale de cacophonie permanente. Une faiblesse relevée par exemple, à l’occasion de la manifestation de la CGT autour de l’Arsenal, par Nathalie Kusciusko-Morizet. Le Premier Ministre annonce l’interdiction de cette manifestation, confirmée par le porte-parole du Gouvernement, démentis tous les deux dans la demi-heure par le Président de la République lui-même ! Et NKM de conclure : « Nous n’avons pas de gouvernement. »

Or à l’époque de la Convention, les situations de faiblesse ont pu avoir des conséquences dramatiques. Ainsi, ce 12 Mai 1795 (23 Floréal An III), les mêmes mots (« Nous n’avons pas de gouvernement ») appartiennent à DUROY, député Montagnard de l’Eure, qui établit le même constat et qui ajoute : « C’est de l’énergie et de la force qu’il faut déployer. ». Constat partagé le même jour par SAINT-ANDRE, député Montagnard du Tarn, ancien membre du Comité de Salut Public de l’An II, à propos de l’agiotage : « …ces opérations qui annoncent, et la faiblesse du gouvernement, et l’excès d’avilissement… ». Le 20 Mai suivant (1er Prairial), faute d’énergie, de force et de courage pour assurer les subsistances, une terrible émeute de la faim éclate.
Plus tard, le 21 Août 1795 (4 Fructidor An III), LEGENDRE, député de Paris, qui s’est plaint à juste titre autrefois des excès de pouvoir du Comité de l’An II, déplore aujourd’hui l’indécision de l’exécutif : « Il est inutile d’avoir des Comités de gouvernement s’ils n’osent jamais rien prendre sur eux. ». Un surcroît d’énergie fut en effet nécessaire pour vaincre, le 4 Octobre suivant (13 Vendémiaire), l‘insurrection royaliste.

Aujourd’hui, seule une faiblesse analogue explique la présence et le maintien d’Emmanuel Macron au gouvernement.
Les citoyens réclament légitimement des ministres à plein temps pour défendre l’intérêt général. Or Macron peut se disperser, pratiquer sa propre politique, lancer son propre mouvement, organiser ses propres réunions, apporter ses propres commentaires sur la politique suivie, se situer à l’extérieur du gouvernement par ses prises de positions, se prétendre loyal et se réclamer d’un positionnement ni à Droite, ni à Gauche, évidemment incohérent avec sa participation à un gouvernement socialiste. Ce manque de solidarité gouvernementale, ces critiques répétées, ce ton de donneur de leçons, tout est consternant…. et il est toujours ministre !
Macron ne démissionne pas parce que son poste lui apporte une immense publicité personnelle. Mais Macron au gouvernement jette le discrédit et le ridicule sur François Hollande, qui a pourtant intérêt à s’en débarrasser au plus vite. François Hollande a montré sa capacité à se ridiculiser seul. Il a atteint un sommet avec l’affaire Léonarda. Mais avec Macron, sa créature, qu’il a imposé au gouvernement, il côtoie à nouveau des sommets de passivité pitoyable. Pour ne pas se déjuger en excluant Macron de l’équipe, il semble ignorer que chaque jour renforce l’insolence inouïe et l’ambition dévorante de Macron. Donc on ne peut qu’être d’accord avec le Premier Ministre Manuel Valls, ce 12 Juillet 2016 : «Il faut que tout cela cesse !» Supprimer le fléau de la division au sommet aurait en plus le mérite de montrer du courage et de l’énergie, aux antipodes de l’impuissance, un autre fléau du moment.
Si «tout cela ne cesse pas», un cataclysme n’est pas à exclure. Le 9 Thermidor, c’est le constat de la division au sommet qui a déclenché la catastrophe. TALLIEN : « Hier, un membre du gouvernement (Robespierre) s’en est isolé, a prononcé un discours en son nom particulier ; aujourd’hui, un autre (Saint-Just) fait la même chose. ». On connaît la suite.

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