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ERREUR POLITIQUE FATALE


CHABOT

Déjà très affaibli, notre Président ne trouve rien de plus pressé que de laisser publier un livre désastreux à plus d’un titre. D’abord, on se demande si une centaine d’heures passée en bavardages n’aurait pas été employée ailleurs plus utilement. Rappelons, car on peut l’avoir oublié, que François Hollande est Président de la République Française. Ensuite, le contenu du livre, trivial, scabreux, mesquin, porte largement sur la critique négative des individus proches anciennement ou actuellement du pouvoir. En outre, il dévoile des secrets d’Etat. Enfin, il manque singulièrement de hauteur de vue et de vision politique. Il montre un président constamment miné par le doute, en auto-analyse perpétuelle. La date de la publication est un autre sujet d’ahurissement. Après la période d’exercice du pouvoir, pourquoi pas ? Mais c’est une absurdité de commenter sa propre action quand l’on est censé mener cette action sans relâche et alors qu’elle se poursuit !
Absurde et impolitique, voilà le jugement le plus répandu sur ce dernier fait d’armes, qui vraisemblablement détruit l’avenir politique de son auteur.

Des erreurs fatales, au sens premier du mot, ont été commises également au temps de la Convention. Une des plus lourdes de conséquences fut la mise en accusation de MARAT le 13 Avril 1793, à l’initiative de certains chefs Girondins mal inspirés. Rapide rappel des faits : MARAT est député ET journaliste. Comme journaliste, il est souvent injurieux, d’une part, et préconise des moyens extrêmes et violents, d’autre part. Il a souvent maille à partir avec ses adversaires.
Le 26 Février, par exemple, il est déjà question de sa mise en accusation par la Convention pour ce qui est, sans doute, une prise de position au moins dérangeante. Qu’on en juge (extrait de l’Ami du Peuple) : « … le pillage de quelques magasins, à la porte desquels on pendrait les accapareurs, mettrait fin aux malversations. » Finalement, BUZOT, chef Girondin, député de l’Eure, contredit ses amis et calme le jeu avec majesté : « Je dis que le décret d’accusation est impolitique et dangereux : impolitique, parce que, à la faveur de la liberté illimitée de la presse, Marat serait acquitté de toute accusation ; dangereux, parce qu’il donnerait de l’importance à un homme qui n’agit pas par lui-même, mis qui est l’instrument d’hommes pervers… »

Mais ce 13 Avril, certains chefs Girondins, PETION et GUADET en particulier, ont obtenu l’appel nominal de tous les Conventionnels sur la question suivante : Y a t-il lieu à accusation contre MARAT, membre de la Convention Nationale ?
Reproche majeur : en qualité de Président du Club des Jacobins, MARAT a circularisé la veille une Adresse aux sociétés soeurs dans laquelle on lit notamment : « Amis, nous sommes trahis ! Aux armes ! » … « Oui, la Contre-révolution est dans le gouvernement, dans la Convention Nationale ; c’est là (…) que de criminels délégués tiennent les fils de la trame qu’ils ont ourdie avec la horde des despotes qui viennent nous égorger ! Allons, républicains, armons-nous !» C’est maigre, d’autant qu’une centaine de députés Montagnards vient cosigner cette Adresse, ridiculisant l’accusation contre le seul MARAT.
Malgré cet avertissement, de 21 heures le 13 à 7 heures du matin le 14, les députés défilent, votent par Oui ou Non, certains en motivant leur position. Parmi tous les avis exprimés, celui de DUBOIS-CRANCE, mérite examen. Député des Ardennes, président de la Convention lors de la séance du 26 Février, il charge méthodiquement la politique de la « faction » girondine, qui « Si elle n’est pas criminelle, est au moins imbécile. » Il poursuit : « … supposer que MARAT soit un contre-révolutionnaire, c’est le comble de l’absurdité. » Enfin, il écrase les Girondins d’une prophétie impitoyable : « Vous êtes bien impolitiques : MARAT était ignoré (…) sans consistance. » « Voici ce qui arrivera : la dénonciation est absurde (…) on en sentira toute l’injustice, MARAT sera absous, innocenté, et le peuple vous le rapportera en triomphe dans cette enceinte.» Peine perdue. La prophétie se réalise. L’agonie des Girondins durera encore six mois, jusqu’à ce fatal 31 Octobre 1793, où les plus purs, les plus républicains d’entre eux trouveront la mort.

Il est des erreurs dont on ne se relève pas. La mise en accusation de MARAT, « absurde et impolitique », selon les mots des contemporains, est bien un précédent terrible en matière d’erreur politique. De même, deux cent vingt-trois ans plus tard, François Hollande commence son agonie et se suicide politiquement.

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