Le Blog des Fondateurs

ANGELISME ET AVEUGLEMENT


COLLOT-DHERBOIS

Avant (cela paraît si loin aujourd’hui), les flux migratoires étaient absorbés sans difficulté majeure. C’était une évidence que la France s’était renforcée par l’intégration de millions d’immigrés. Un tiers des Français a au moins un grand parent né à l’étranger. Belle réussite !
Aujourd’hui, le terrorisme islamiste amène à s’interroger et à creuser le sujet « Islam et musulmans de France ». Cet examen amène à des découvertes pénibles qui s’ajoutent au traumatisme des attentats. D’après plusieurs sondages, un petit tiers environs des musulmans place la loi religieuse avant la loi républicaine. Chez les jeunes, on parle de quarante pour cent. L’avenir est donc préoccupant.
Pendant longtemps, la majeure partie de la population française a craint d’être traitée d’islamophobe. Conformément à la tradition française d’accueil et d’intégration, les pouvoirs publics ont admis des concessions de toutes natures. Sans doute, le racisme et l’islamophobie d’une partie des français n’ont pas aidé les musulmans. Mais ces concessions sont telles aujourd’hui que la position conciliatrice et compréhensive confine à l’angélisme.
Prenons l’épisode du burkini. La Droite politique attaque ce vêtement comme le symbole d’un rejet des valeurs républicaines, l’ostentation du communautarisme, le refus d’intégration, l’apologie d’un traitement rétrograde de la femme, le tout perçu donc comme une menace à l’ordre public qui débouche sur des arrêtés d’interdiction, annulés par le Conseil d’Etat. Qu’en retenir ? Les maires de Droite ont juridiquement tort, sans doute, mais le fait est qu’ils ont culturellement raison. Car si le burkini est un vêtement quelconque qui s’exhibe par effet de mode, alors bien sûr, la liberté de chacun doit prévaloir. C’est l’argument de la Ligue des Droits de l’Homme, et du désormais fameux Collectif Contre l’Islamophobie en France. Mais il faut être aveugle pour ignorer le symbole et ne pas voir là une provocation de plus des intégristes, qui en outre utilisent un argument religieux factice, le burkini étant de création récente.
Le port du burkini n’est donc pas répréhensible en droit mais le droit peut évoluer. Ainsi, la burka a-t-elle été interdite. Un vêtement peut donc être autre chose qu’un vêtement. De même, les islamistes qui refusent de serrer la main des femmes ont le droit avec eux. Mais culturellement, chacun perçoit ce comportement comme inadmissible. Ce grignotage et ces provocations perpétuels attirent désormais avec moins de bienveillance, tant sur la voie publique qu’en entreprise. Pourtant, des personnalités et organisations très respectables persistent dans l’apitoiement et se fourvoient dans un déni de réalité et un aveuglement regrettables alors que la situation empire.

Le 10 Avril 1793, la République française se trouve en grand danger. La trahison des généraux, le soulèvement de la Vendée, la menace d’une invasion par l’Europe coalisée rendent la situation critique. Les Montagnards réclament des mesures énergiques et dénoncent la mollesse de leurs adversaires Girondins. VERGNIAUD, député de Gironde, les défend.
« La Convention est le centre autour duquel doivent se rallier tous les citoyens. Peut-être que leurs regards ne se fixent pas toujours sur elle sans inquiétude et sans effroi. J’aurais voulu qu’elle fût le centre de toutes les affections et de toutes les espérances. On a cherché à consommer la Révolution par la terreur, j’aurais voulu la consommer par l’amour. Enfin, je n’ai pas pensé que, semblables aux prêtres et aux farouches ministres de l’Inquisition, qui ne parlent de leur dieu de miséricorde qu’au milieu des bûchers, nous dussions parler de liberté au milieu des poignards et des bourreaux. »
Remplacez tel mot par d’autres plus actuels et l’écho à la situation présente devient saisissant. L’ « amour » de VERGNIAUD n’a pas suffi.

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